Mes aventures antérieures

Ma première aventure, je m’en souviens comme si c’était hier : je voulais retrouver cette fille que j’aimais bien en Suisse. Du jour au lendemain, j’ai pris mon vélo et j’ai pédalé toute la journée pour la retrouver sous le soleil d’été. Je me suis arrêté pour faire une sieste à un moment donné et puis je me suis réveillé, 2 heures plus tard…

Là, j’ai pédalé, il y avait du retard à rattraper. Je n’avais pas prévu le coup, mais arrivé en Suisse, mon forfait téléphonique ne fonctionnait plus. J’ai fait Genève-Nyon à vélo, sans GPS, sans téléphone, dans la nuit. Ah oui, j’ai oublié de préciser : j’avais rendez-vous avec elle au Festival du Paléo. Vers la fin du trajet, j’arrivais à m’aiguiller au bruit des basses du festival. C’était bougrement imprécis, tellement imprécis que j’ai décidé de dormir dans un champ à même la terre, sous la pluie, avec juste une couverture de survie.

Le lendemain, j’ai trouvé le camping, toujours sans téléphone. J’ai donc décidé de dormir par terre devant, en attendant qu’elle passe. Les petits Suisses m’ont pris pour un SDF. J’ai raconté mon histoire, ils m’ont nourri, donné un matelas, et j’ai pu retrouver cette fille.

La Via Rhôna à vélo, même schéma : du jour au lendemain, je décide de partir au bord de ce fleuve qui est si près de chez moi, le Rhône. Je suis parti dans le but de voir la mer et de m’aérer l’esprit. Premier jour : je pars de derrière Vienne et j’arrive à Montélimar. Deuxième jour : Montélimar-Arles. Cette nuit-là, j’ai dormi à l’hôtel… si vous saviez la puissance des moustiques, je n’avais jamais vu ça !

Dernière ligne droite de l’aventure : Arles jusqu’à la plage de Napoléon. C’est à ce moment-là que j’ai vu une tortue de terre sur la route, dans cette grande ligne droite. Elle était toute petite, ça m’a marqué.

Arrivée à la plage, c’était magnifique, mais je me sentais vide intérieurement. J’avais une blessure au cœur et je n’arrivais pas à rester tranquille et après une baignade une heure plus tard, je commençais le voyage retour !

J’étais pris d’une énergie si grise et si vaste que j’ai pédalé jusqu’à deux heures du matin sous la pluie. Je me suis arrêté dans des bottes de paille vers 2h du matin pour un réveil à 6h, et là j’ai enchaîné coup de pédale après coup de pédale. Il y a bien eu cette petite crevaison qui m’a ralenti, mais je suis arrivé à Vienne le 4ᵉ jour de cette aventure, et j’avais mal aux fesses.

Le GR20 (en Corse) au mois de novembre, une aventure plus préparée, et c’est cette aventure qui m’a fait découvrir ce que je voulais vraiment faire dans la vie. Je suis parti avec toutes mes peurs, 23 kg dans le sac à dos, et de quoi être autonome pendant dix jours, sans oublier crampons et piolet. J’étais prêt à vivre le Vietnam !

Vous voulez un secret ? Je n’ai pas vu une seule goutte de neige sur ce GR… Tout le monde se moquait de moi dans les refuges : « Why do you have an ice axe ? » Ma réponse : « for the snow. » Tout le refuge a rigolé aux éclats ahahah.

J’ai fait une super rencontre sur ce GR : Sophia. Je pense que parfois la vie est bien faite, et avec Sophia, on a formé une super équipe sur la première partie du GR.

Dans la deuxième partie, dans le sud de la Corse, j’étais seul tous les jours. Je me rappelle d’un moment en particulier où je me suis posé devant le lever du soleil et je me suis dit : « Oui, c’est ça que tu dois faire dans ta vie. » C’était aussi simple que ça.

Une fois ce GR terminé, je n’arrivais plus à voir la réalité comme avant. Cette aventure m’a tellement marqué que je voulais faire ça chaque jour de ma vie. Je voulais rencontrer, partager des repas avec des inconnus, voir le soleil se lever, le voir se coucher, apprécier manger, ne pas savoir quand j’allais me doucher ahah.

Cours et Buis – Paris à vélo, encore une aventure sur mesure pour retrouver mon ami Maël : 4 jours de Gravel intense à travers le centre de la France. C’était encore un départ en solitaire pour cette aventure. Je n’étais pas seul à être seul. J’étais très jaloux de tous ces setups Gravel qu’on voit ultra-light sur Insta, j’ai donc décidé d’être moi aussi ultra-léger et ultra-classe B-)

Pour cette aventure, écoutez-moi bien : un seul caleçon, mes chaussures automatiques, un hamac, un duvet, un k-way et puis une caméra. J’avais encore fait le choix de ne pas prendre de tarp. ERREUR !

Il y avait de la pluie tous les jours, sauf pour mon arrivée sur Paris. D’ailleurs, parlons-en de cette arrivée : moi, je viens de la campagne et j’essaie de comprendre le code parisien :

  • Ok, c’est rouge, les vélos y vont ?
  • Ok, c’est vert, ils y vont aussi ?
  • Ok, ils roulent sur les pistes cyclables ?
  • Ok, ils roulent sur la route ?

J’avais l’impression d’être en Inde, sérieusement ahah.

En tout cas, c’était trop la classe de faire ce trajet pour retrouver mon ami. Je m’en rappellerai longtemps.

Ah oui et au retour, j’ai crevé et j’ai raté mon train et je me suis rendu compte que j’avais pas les bonnes chambres à air avec moi, un artiste ce mec je vous jure.

Ma première fois dans les terres nordiques :
Est-ce que vous aussi vous avez cet ami qui fait des drifts ? Bah, moi j’ai cet ami et, en plus, il a beau être rapide en voiture, il est quand même toujours en retard. Le plan, man : c’était de partir en 4×4 en Suède rejoindre la maison familiale, et toi tu me sors le BM au dernier moment… t’es vraiment un spécimen. Pas le choix : les grands problèmes, les grands moyens. J’ai appelé l’assurance pour assurer le Jumpy jaune de La Poste que je venais d’acquérir, et on est parti.

En 12h de voiture on était en Suède, les cinq premiers jours, on a dormi ensemble dans le camion sans aménagement, pas de douche, des repas peu qualitatifs du pain de la confiture le matin et du pain de la charcuterie/fromage le soir, c’est ce fameux jour ou on a pris notre première douche de chien littéralement. J’espère que le Golden retriever ne me tiens pas rigueur de lui avoir enlevé ce plaisir de la soirée.

Cette aventure, si je devais la retranscrire en un mot : « musique ». On était tout le temps en train d’écouter de la musique, c’était incroyable. Jamais je n’aurais pensé, au collège, écouter « On the Road Again » sur une île paumée en Suède avec toi.

Ma dernière aventure en date est un peu particulière, parce que ce n’était pas mon aventure, c’était celle de Rémi Camus, aventurier professionnel. Rémi était à la recherche d’un technicien logistique pour son aventure « Le Rhône nous livre ses secrets ». J’ai directement répondu à l’appel sur Insta, comme par instinct.

Partir avec lui et son équipe, c’était magique. J’essayais d’être focus au maximum pour apprendre de ses conseils et voir qu’une vie comme la sienne est possible, avec les avantages et les inconvénients, les sacrifices qu’il faut mettre en place. C’était formateur pour moi, qui voulais un jour expérimenter ça.

J’étais également très attiré par la partie audiovisuelle de son projet : le message qu’il voulait faire passer, les enjeux, l’humanité qu’il y avait dans tout ça. La médiatisation du projet était pour moi impressionnante : se faire réveiller par LCI à 6h30 du matin pour le direct de 7h15, c’était quand même quelque chose.

Je ne remercierai jamais assez Rémi de m’avoir amené sur cette aventure. La vérité, c’est que c’est lui qui m’a aidé. Je n’ai pas osé lui dire pendant l’aventure, mais quand il parlait de ce mec perdu de 26 ans qui courait en Australie… eh bien, ce mec perdu inspire le mec perdu de 23 ans que je suis aujourd’hui. Et je crois que ça fait de son projet une réussite, non ?

C’est pas ce que tu crois, c’est toi mon préféré man !